Psychiatrie

Existera til encore des Centres Hospitaliers Spécialisés en Psychiatrie au XXIème siècle ?

C’est hélas la question que nous sommes en droit de nous poser, suite aux conséquences des réformes découlant :

• de la Loi portant Réforme hospitalière du 31 juillet 1991

• de l’ordonnance du 24 Avril 1996

Le constat

Au même titre que les autres secteurs hospitaliers, la psychiatrie se trouve confrontée à la maîtrise comptable et aux restructurations.

Depuis plus de 20 ans des efforts considérables ont été entrepris par les personnels pour prendre en charge différemment les malades souffrant de troubles mentaux.

Le développement des structures alternatives à l’hospitalisation, les structures d’accueil en milieu ouvert, les placements familiaux, les CATTP, etc., ont prouvé leur utilité et l’attachement des personnels à une psychiatrie en concordance avec l’évolution de la société.

Force est de reconnaître que toutes ces réformes se font hélas, sans moyens nouveaux, mais au contraire par :

• le redéploiement des moyens existants

• la suppression de pans entiers de la psychiatrie et en particulier des services logistiques

• la diminution des postes d’infirmiers(ères)

L’avenir

Ces derniers mois, à l’occasion de la préparation des SROS en psychiatrie, et s’appuyant sur différents rapports (Massé, JOLY...), la politique gouvernementale en matière de santé mentale, accélére le transfert des services de psychiatrie des CHS. vers les Hôpitaux généraux, promouvant les redéploiements et les mouvements de personnel entre structures.
Les dernières mesures gouvernementales avancées concernant l’évolution du dispositif de soins en psychiatrie au nom de :

• l’amélioration de la qualité des soins et du fonctionnement des structures

• le développement de l’expression des droits des patients

fixent surtout les priorités structurantes répondant à des besoins essentiels...dans le cadre d’une maîtrise strictement comptable !
Autant de motifs qui justifient l’inquiétude de FORCE OUVRIERE sur les dispositifs ministériels en cours et ceux prévus dans un projet de circulaire ; projet qui s’inscrit dans la perspective claire d’accompagnement de l’offre de soins par :

• le transfert des unités d’hospitalisation de certains secteurs, rattachés à des CHS éloignés de la population qu’ils desservent vers des sites hospitaliers plus proches

• l’adaptation des besoins des personnes hospitalisées au long cours, à travers une prise en charge en structure médicosociale

• un dispositif de soins psychiatriques coordonné et intégré dans le tissu sanitaire, médicosocial et social

Compte tenu de ces orientations, quelles en seront les conséquences sur les établissements et les personnels, au moment où le gouvernement s’apprête à intégrer dans la prochaine loi de financement les mesures d’économie hospitalière contenues dans le plan stratégique de la CNAM, et que d’autre part, les établissements médicosociaux sont confrontés à la modification de leur financement qui diminue les moyens alloués et augmente la participation des résidents et de leurs familles ?

Préserver l’avenir de la Psychiatrie :

Pour FORCE OUVRIERE l’avenir de la psychiatrie passe par son maintien comme une discipline à part entière au sein de toutes les disciplines médicales.
FORCE OUVRIERE ,rejette la maîtrise comptable des dépenses de santé et propose une autre approche prenant en compte les besoins et les attentes des usagers comme des personnels par:

• une prise en charge du malade en psychiatrie dans le champ du sanitaire, dans le cadre de structures relevant du titre IV ou de l’hospitalisation publique, garant de l’égalité d’accès aux soins.

• le développement d’une complémentarité d’activité avec le secteur médicosocial, mais pas d’une substitution sanitaire au profit du médicosocial

• le développement des moyens permettant une véritable prise en charge des urgences psychiatriques à l’hôpital général par des personnels qualifiés.

• un système de soins coordonné et financé au niveau départemental garantissant à la population un droit d’accès à des soins de qualité

• le maintien des Centres Hospitaliers Spécialisés comme pivot du dispositif en santé mentale

• la garantie réglementaire de l’indemnisation des frais de missions des personnels exerçant sur le secteur et l’intégration totale des déplacements dans le temps de travail.

Des soins de qualité avec des personnels qualifiés :

Les restrictions budgétaires imposées ces dernières années ont clairement démontrées les glissements d’emplois qui se sont opérés. Face aux tentatives de glissement de tâches introduites par ces contraintes financières, FORCE OUVRIERE tient à réaffirmer

• son attachement au respect du rôle et de la place de chacun au sein de l’équipe pluridisciplinaire

•l son refus de concession des services logistiques au secteur marchand.

Une véritable reconnaissance des Infirmiers de Secteur Psychiatrique

Force est de constater que les gouvernements qui se sont succédés depuis 1992, n’ont pas apporté de réponse positive aux attentes des 58 000 I.D.S.P., sur la délivrance d’un titre reconnu et incontestable.
Le Diplôme d’état d’Infirmier de Secteur Psychiatrique accordé dans le cadre de la loi sur la Couverture Maladie Universelle, n’est qu’un " ersatz " de diplôme d’état, puisqu’il ne donne le droit à rien....même pas à une reconnaissance équivalent au Diplôme d’état permettant la libre circulation.
Pour FORCE OUVRIERE, notre démarche était de déboucher sur un véritable diplôme d’état reconnu par la réglementation, donnant les mêmes droits et garanties à la totalité des infirmiers(ères), tout en préservant la spécificité psychiatrique.
Notre crainte est que la réponse gouvernementale n’enferme encore plus les infirmiers de secteurs psy. dans un ghetto, même si l’extension du lieu d’exercice prévu dans la loi précitée, correspond à une attente.
Par ailleurs, FORCE OUVRIERE considère que c’est un camouflé adressé aux I.D.S.P. que d’exiger une durée de formation complémentaire de 6 mois minimum pour obtenir le diplôme d’état d’infirmier ! C’est la négation même de l’exercice et de l’expérience professionnelle.

Enfin, s’agissant de la nouvelle formation, nous continuons de réaffirmer l’instauration d’un véritable contrôle des I.F.S.I. sur le contenu pédagogique et l’application des modules de formation Au moment où le Diplôme d’état d’infirmier est refusé à 58 000 IDSP, il est inadmissible que s’instaure des diplômes qui en fait ne seraient plus que des diplômes ... " d’écoles ".

FORCE OUVRIERE se bat à vos côtés au quotidien,
pour sauvegarder l’avenir de la psychiatrie

AGISSONS ENSEMBLE