Les Maisons de Retraite et Services Hébergeant des Personnes Âgées

L’état des lieux :

Les maisons de retraite étaient, à l’origine, un lieu d’accueil des personnes âgées de plus de 60 ans, sauf dérogation.
Dans la grande majorité, les personnes accueillies étaient valides et relativement en bonne santé.
La durée de vie de ces mêmes personnes a augmenté.
Les maisons de retraite se sont peu à peu transformées, de façon naturelle, en lieux de soins, en oubliant leur origine : " lieu d’accueil ".

Cette déviance s’est opérée :

• Sans l’apport de personnels qualifiés supplémentaires

• Sans modification de l’architecture existante

• Sans matériels spécifiques

Les difficultés des maisons de retraite, le manque de personnel, deviennent de plus en plus criants et gagnent de nombreux établissements, tant en personnels soignants qu’en administratifs et ouvriers.
L’insuffisance des budgets alloués, tant par la Sécurité Sociale (cure médicale) que par le Conseil Général (hébergement) reste très en deçà des besoins réels alors qu’il est de notre devoir d’apporter à ces résidents, les prestations de qualité indispensables au maintien et au respect de leur dignité.

Il en résulte un manque d’hygiène par faute de temps et de moyens, des toilettes " bâclées " et le développement des infections nosocomiales.

La restriction en personnels ne permet pas à ceux-ci de suivre les formations nécessaires à la lutte contre ce fléau.

Cette situation risque de s’aggraver avec la NOUVELLE TARIFICATION :

• L’hébergement reste à la charge des résidents

• Les soins sont financés par la Sécurité Sociale, mais les effets de la dépendance sont exclus des soins

• La dépendance est prise en charge par les résidents. La prestation spécifique dépendance (PSD) remplace l’allocation compensatrice. Elle est prise en charge par le Conseil Général de chaque département, mais elle est soumise à des conditions de revenus. La conséquence en est une aggravation de la situation financière des pensionnaires et de leur famille.

LE TARIF APPLIQUE A CHAQUE PENSIONNAIRE VARIE SELON SON DEGRÉ DE DÉPENDANCE. Celui-ci est mesuré par les grilles AGGIR (Autonomie, Gérontologie, Groupe Iso-ressources) qui permettent de répartir les personnes âgées en six groupes qui déterminent le tarif de prise en charge parmi 13 tarifs différents !

CETTE NOUVELLE TARIFICATION implique que les salaires des Aides Soignants soient imputés pour 30% sur la section tarifaire dépendance et 70% sur la section soins. Ce qui confirme bien que les familles vont avoir à payer plus cher et que le risque pour compenser ces augmentations soit la diminution des effectifs ou la déqualification des personnels.

Par ailleurs, la PSD est inégalitaire car chaque département fixe son propre niveau de prestations.

La situation des personnels :
Celui-ci, dans son ensemble, et quelque soit sa fonction dans l’institution :

• N’est ni reconnu, ni considéré

• Est soumis à un stress constant dû à la fatigue tant physique que morale

• Est dans un état permanent de mécontentement et d’insatisfaction dû à un travail considéré par eux, mal exécuté.

• Doit faire face à des tableaux de service "flexibles"

Sa charge de travail est encore " lestée " par l’obligation d’accueil de personnes âgées dépendantes, du fait d’un taux d’occupation insuffisant en maison de retraite et du manque de structures adaptées pour l’accueil de ces dernières.
Les conséquences d’une telle situation sont :

• Glissement des tâches

• Plaintes des familles

• Sécurité mal assurée

• Formations spécifiques inexistantes

• Non respect de la réglementation statutaire (horaires, congés annuels, durée du temps de travail).

Les revendications de FORCE OUVRIÈRE :

- La prise en charge de la PSD par la Sécurité Sociale

- Des budgets permettant :

• Des effectifs nécessaires dans toutes les catégories de personnels : soignants, administratifs et ouvriers.

- Suppression des quotas afin de favoriser les promotions.

- Développement de la formation continue et permanente pour tous.

- Le personnel nécessaire la nuit pour assurer la sécurité des résidents et des personnels.

- La présence continue d’une infirmière pour assurer les actes relevant de sa compétence.

- Le contrôle et la limitation des interventions d’associations bénévoles.

- La formation des Aides Médico-Psychologiques.

- L’uniformisation des primes : cure médicale et hébergement.

- Le versement à tous les personnels effectuant un service de nuit, de la prime dite " de travail intensif de nuit "

- Le respect du décret 89-241 du 18 avril 1989 concernant la nomination des ASH de plus de 8 ans en AS après formation et évaluation.

- La création d’emplois statutaires pour les emplois-jeunes assurant des fonctions dans des métiers nouveaux : accueil et accompagnement des personnes âgées.

 

Observation : L’état des lieux, la situation des personnels et les revendications FO concernent également les services accueillant des personnes âgées dans les structures hospitalières.